types psychologiques

AVANT PROPOS

Au fil des siècles, l'humanité a conçu et réalisé de grands progrès dans tous les domaines de la connaissance: techniques de déplacement, de communication, médecine, outils de travail etc. Les sciences de l'esprit n'ont pas toujours suivi le même rythme de développement : des individus disposant d'une connaissance d'eux-mêmes qui a peu progressé depuis des siècles, utilisent des techniques évoluées, extrêmement complexes. L'apparition de la psychologie est un phénomène relativement récent, qui a rétabli partiellement l'équilibre. Il n'en reste pas moins, que pour la plupart des gens, l'existence et l'action de pulsions inconscientes n'est pas intégrée à la conscience. Malgré les immenses progrès réalisés dans la connaissance, l'individu moyen n'en sait toujours pas plus sur ce qui le pousse à agir, ce qui modèle son attitude face à l'existence. Il ne peut que se poser des questions sur le pourquoi des aspirations contradictoires qui l'animent. On attribue généralement ces caractéristiques au vécu, à l'hérédité, à l'éducation, aux astres, ou encore à l'influence bénéfique ou néfaste d'autrui.

L'approche psychologique est devenue synonyme de "maladie mentale", ne semble être destinée qu'à soigner les dérèglements. Ce qui est proposé ici peut permettre l'approche psychologique d'un individu mentalement "bien portant", sur un plan en contact direct avec les événements de la vie de tous les jours.

Que sait-on généralement des comportements et des motivations, des aspirations, qu'il s'agisse de nous-mêmes ou d'autrui? Tout individu apparaît au premier abord comme insaisissable dans la complexité de ses comportements, et unique, dans la mesure où aucun individu ne peut peut être considéré comme identique à un autre. Pourtant, il s'avère que les personnes qui nous sont familières, deviennent d'une certaine façon "saisissables" au bout d'un délai prolongé de fréquentation: des traits constants finissent par apparaître, des attitudes et des comportements typiques, qui nous conduisent à considérer la personne comme étant "autoritaire, pessimiste, inconséquente, égoïste" etc.

D'autre part, cette même expérience relationnelle nous conduit à construire des modèles aux contours imprécis: on retrouve les traits d'un individu chez une ou plusieurs autres personnes: qu'on le veuille ou non, on en vient à se constituer une classification, à ranger les gens dans des catégories plus ou moins clairement définies. Il en est exactement de même pour ce qui est de la connaissance que nous acquérons de nous-mêmes au fil du temps: nous observons, nous nous attribuons en les jugeant comme qualités ou défauts, des attitudes qui nous sont propres, qui nous viennent automatiquement, dès que nous nous laissons aller à nos tendances naturelles. Une bonne part de nos activités relationnelles consiste à rechercher des"semblables", à espérer chez l'autre une identité de comportement, une affinité rassemblant l'essentiel des façons d'être et de faire qui sont les nôtres.

Une autre part de ces activités s'oriente dans la recherche d'un caractère complémentaire, en mesure de supporter nos excès et de combler nos manques. Il en est de même pour ce qui est de déterminer nos propres aspirations dans l'existence: elles sont en majeure partie confuses, même si certaines motivations s'imposent d'elles-mêmes. La recherche de semblables sur ce plan est tout aussi réelle. D'une façon ou d'une autre, le besoin de trouver un ordre dans le fatras des comportements et des aspirations est une préoccupation majeure de la plupart des individus, dans leurs réflexions intimes, pour peu qu'ils prennent le temps de réfléchir et accordent un minimum de temps à autre chose qu'à leurs activités superficielles et égotistes.

-------------------------------------

Les individus sont-ils des exemplaires uniques, ou bien peut-on parler de "types" de comportement, de caractères ou de personnalités déterminés à la naissance?

A la question de savoir s'il existe des types de comportement et de mentalité en nombre limité, et donc qu'il serait possible de considérer une personne sous l'angle de son appartenance à un "type", on peut apporter plusieurs réponses:

1) On peut considérer que tous les individus naissent avec un caractère identique, et qu'ils sont différenciés au cours de leur existence, que les traits communs entre des individus sont le fait d'expériences et d'influences communes: aux mêmes causes, les mêmes effets. Il existerait donc des types "sociaux", liés au lieu de vie, au milieu professionnel, à la condition sociale, au fait de partager un vécu identique, ce qui est une réalité mais ne décrit pas des caractères et attitudes en tous points identiques.

2) On peut aussi penser que les individus viennent au monde avec des caractères différents, qu'ils sont des exemplaires uniques et ne partagent des traits en commun avec d'autres individus que sur des points isolés et fortuits: il n'existerait pas de types, mais de simples correspondances sur certains détails d'attitudes, aucune personnalité ne pouvant être abordée sous un angle typique.

3) Sans nier l'importance du vécu personnel, des influences du milieu social et culturel ou encore de l'éducation, on peut penser qu'il existe un nombre limité de types de caractères et comportements, donc que l'ensemble des humains peut être considéré comme un éventail de types d'individus partageant un certain nombre de caractéristiques fondamentales. Cette dernière approche est déjà implicitement admise par un grand nombre de gens, qu'ils aient adopté l'une des nombreuses théories sur la personnalité ou qu'ils se fient à leur signe astrologique. En fait, j'ai pu constater à quel point la classification des gens en un éventail de types était une pratique courante, largement banalisée, sans véritable conscience de ce que cela implique et signifie: certaines personnes se déclarent scandalisées par la perspective d'avoir à se considérer ou considérer leurs proches sous l'angle de comportements fonctionnels typiques, alors qu'elles qualifient untel de "Capricorne", ou de représentant de "l'année du singe", ce qui revient exactement à la même chose, c'est à dire à retirer à l'individu une grande part de ses orientations personnelles.

En dehors des différentes approches Astrologiques, les différentes théories sur le sujet abordent caractères et comportements sous l'angle de la morphologie, de la psychologie, des différentes activités physiques ou mentales, des comportements sociaux, ou comme Ron Hubbard, suivant une échelle d'états d'âme. Encore une fois, je ne prétend pas nier la validité des autres approches des types de personnalité: on verra par ailleurs à quel point je suis en accord avec les types psychologiques de C.G.Jung, et dans la mesure où la présente théorie se borne à décrire les aspects fonctionnels du comportement, elle n'empiète nullement sur le terrain d'exploration d'autres recherches, principalement celles qui traitent des conséquences du vécu personnel.

Ce qui est proposé ici, c'est le moyen, par une approche centrée décrivant les ingrédients de base de la personnalité, d'aborder les caractéristiques physiologiques et psychiques de la personne, la mentalité, mais aussi les comportements effectifs dans la vie de tous les jours, les aspirations et les motivations. Une telle conception doit se situer obligatoirement à un niveau extrêmement fondamental, de nature fonctionnelle: un éventail de règles de fonctionnement et de caractéristiques typiques qui modèlent l'ensemble des domaines d'activité. Le niveau qui tient ici lieu de base de réflexion et de déduction, est on ne peut plus fondamental, puisqu'il décrit l'individu dans ses relations au temps et à l'espace, à la matière et aux différentes énergies, en fonction des caractéristiques structurelles de son système psychique. Le dit "système psychique" adopte un certain nombre d'états, qui sont caractérisés par des conditions structurelles et fonctionnelles particulières: si l'on considère cet éventail d'états en tant que positions dominantes ou chroniques, on a affaire à des types. Mais comme il est évident que tous ces états sont communs à tout un chacun, il est plus juste de parler d'un éventail de Tendances partagées par tous et plus ou moins dominantes.

Le concept de base se résume à l'oscillation entre deux positions extrêmes et opposées, complémentaires, entre la tension par contraction d'un système et sa tension par étirement, la logique de la densité (concentration / intériorisation), et la logique de la dilatation (dispersion / extériorisation). La même oscillation dualiste caractérise tout autant notre système nerveux que notre métabolisme. On en trouvera une approche détaillés dans ces pages.

Les types de comportement, les penchants naturels des individus sont modelés par l'un des états de tension ou par le mouvement vers l'un de ces états. Comme on le verra dans les pages qui suivent, les différentes tendances correspondant aux types sont abordables de leurs traits généraux, jusqu'à d'infimes détails de leur comportement quotidien. Il n'est évidemment pas question de résumer une personnalité individuelle aux traits caractéristiques d'une tendance. Outre le fait des altérations dues au contact de l'existence réelle, il faut aussi prendre en compte le fait que toutes les tendances sont présentes en tout un chacun, manifestent cette présence suivant une hiérarchie variable d'un individu à l'autre, et sont plus ou moins activées en fonction du contexte.

Sans oublier l'action de la volonté et du libre arbitre, de l'expérience personnelle, tout individu étant en mesure, même au prix d'un certain effort, de modérer ponctuellement l'effet de sa tendance naturelle: chez chacun d'entre nous, une tendance tend à prédominer, en général associée à une autre, secondaire, les autres étant actives suivant une hiérarchie plus difficile à décrire.


Cette vision concerne essentiellement le comportement coutumier de l'individu, sa "position" par défaut en dehors de toute sollicitation exceptionnelle ou d'intentions particulières: sa façon d'être, d'agir et de réagir dans la vie quotidienne.

Cette dominance oriente les individus vers des modes de fonctionnement et des objectifs particuliers, une échelle de valeurs propre au type. On se doute immédiatement qu'un concept fondé sur des données aussi générales devrait trouver son prolongement dans des phénomènes extra-humains. Il s'avère qu'un processus identique répondant à la même formulation est observable dans de nombreux phénomènes. On trouvera dans ces pages des exemples dans le domaine de la biologie, de la physique, de la chimie, ce qui permet d'élargir la vision et la compréhension de la nature des types et tendances et également, bien sûr, de reconsidérer les rapports entre l'espèce humaine avec les reste du monde animé, avec la matière et les phénomènes temporels.

Le lecteur est plus invité à suivre un raisonnement, à en vérifier la validité qu'à adopter des conclusions toutes faites. On se gardera également de tirer des conclusions hâtives: cette approche présente un premier abord facile, et révèle sa complexité au fur et à mesure que l'on progresse dans la connaissance du phénomène.

Ce texte a été rédigé en 2003. Pour des compléments de réflexion rédigés en 2011, cliquez sur ce lien.